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GÉOLOGIE

Nouvelle

Le manteau de base de Charlevoix, maintes fois bouleversé, est formé de roches précambriennes. Ce sont les plus anciennes de la planète. Elles ont plus de deux milliards d’années. Par suite de pressions énormes et de chaleurs intenses, viennent ensuite les roches métamorphiques souventes fois modelées à plus de 20 kilomètres de profondeur.

Parmi les roches métamorphiques, les gneiss sont les plus remarquables, tant par leur dureté que par leurs teintes de blanc, gri, jaune, rose ou noir qui colorent le flanc des montagnes dénudées par endroits. Parmi les roches intrusives, les plus dures, les anorthosites de Saint-Urbain ont été exploitées pendant quelques années pour le fer et le titane. Quant aux quartzites des environs de La Galette, le long de la route du Petit-Parc, ce sont des roches d’origine sédimentaire. Elle sont de nos jours exploitées pour la silice. Les variétés les mieux connues sont le grès et le silex.

Il y a un milliard d’années, les continents n’étaient pas séparés les uns des autres. Fait intéressant, la chaine de montagnes des Laurentides est issue, semble-t-il, d’une collision entre le bloc Québécia et le Bouclier canadien. Géologiquement, l’Île-aux-Coudres fait partie de la rive sud du fleuve. La faille de Logan longe la rive nord et sépare les deux rives.

Il y a 350 millions d’années, une météorite d’environ deux kilomètres de diamètre est tombée sur Charlevoix à une vitesse de dix kilomètres à la seconde. Curieusement pour les profanes, le centre de ce cratère est le mont des Éboulements. Cela s’est produit par effet de remontée centrale causée par le gigantisme des forces en présence. Parmi les neufs cratères d’origine météorite reconnus au Québec, c’est le plus important après Manigouagan. Il a 56 kilomètres de diamètre. Le plus petit et le plus jeune, un lac profond cette fois, est le cratère Chubb que René Richard a peint, il y a une cinquantaine d’années lors d’une expédition scientifique dirigée par le célèbre professeur, botaniste et ethnologue Jacques Rousseau. Il a trois kilomètres de diamètre et n’est âgé que d’un million d’années. Il est situé dans l’Ungava, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Kangiqsujuak, village situé sur les bords du détroit d’Hudson.

Selon Jehan Rondot, dans Géomorphologie de l’astroblème de Charlevoix, publié par le ministère de l’Énergie et des Ressources du Québec, « parmi les astroblèmes terrestres, celui de Charlevoix est le seul qui possède une enceinte encore bien visible et à grand relief local le rapprochant de la morphologie des cratères lunaires ».

Dans Les astroblèmes du Québec et des Environs, il mentionne que « la structure de Charlevoix est donc le premier astroblème découvert par les shattercones, c’est-à-dire la fracturation conique particulière de certaines roches causée par une onde de choc d’une extrême puissance. Quelques lignes plus loin, dans la conclusion, il est dit que Charlevoix, grâce à sa situation particulière et à son accès facile, nous donne les renseignements uniques au monde sur les étapes de formation des astroblèmes ».

Une bonne partie des tremblements de terre qui se produisent dans l’Est canadien, la plupart de faible intensité, ont lieu dans Charlevoix. Il semble que des conditions spéciales de circulation d’eau souterraine et la présence d’intrusions en profondeur affaiblissent le système complexe des failles de la région. Entre 1663 et 1925, il s’est produit six séismes majeurs : au-dessus de 6 sur l’échelle de Richter. Ce fait devrait influencer certains aspects de l’aménagement du territoire ainsi que certaines normes de construction et de développement.

Auteur des textes: Yvon Dubé

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