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FORESTIER

Nouvelle

Les belles forêts de pin rouge de Charlevoix sont beaucoup plus rares qu’autrefois. De nos jours, épinettes, sapins, mélèzes, pins, bouleaux, trembles et érables occupent le décor. Avec les noisetiers, sorbiers, cerisiers, cornouillers, aubépines et genévriers, ils procurent beauté, protection, biens et services. La forêt boréale de Charlevoix a fait l’objet du roman le plus connu après Maria Chapdelaine de Louis Hémon : Menaud maître-draveur de monseigneur Félix-Antoine Savard, premier curé de Clermont, chantre des beautés de Charlevoix. Menaud dénonçait les traîtres qui avaient livré un bien aussi cher à de mercantiles intérêts étrangers. Il est mort déchiré par un désespoir teinté d’une imperceptible espérance. L’Acropole des Draveurs lui rend aujourd’hui hommage. Cette haute paroi se reflète dans les Eaux Mortes de la rivière Malbaie tout comme la montagne d’en face qui porte le nom du créateur de Menaud : Félix-Antoine-Savard.

À part l’infime étendue de terres en culture, la forêt recouvre tout le territoire de Charlevoix. Pays forestier par excellence, il sert toujours ceux qui ont le goût et le talent d’y vivre correctement. Les abus du passé sont visibles mais la renaissance progresse en même temps que l’éveil général à la protection de l’environnement. Tout le territoire a été bûché au moins une fois.

Le contrat d’approvisionnement et d’aménagement forestier de Léo Cauchon Ltée, une filiale de Donohue, couvre une superficie de 4000 kilomètres carrés de terres publiques comprenant 4% des lacs et rivières. Il y a deux contrats de ce genre dans Charlevoix et 272 au Québec. Ce sont en fait des concessions forestières améliorées par la polyvalence et la sylviculture. Les parcs sont exclus du contrat de Léo Cauchon mais les pourvoiries, les zones d’exploitation contrôlée (ZEC) et les réserves fauniques ne le sont pas. Ils couvrent 75% du territoire alloué. Il faut donc que la compagnie tienne compte des besoins de cinq zecs, trois rivières à saumon, quatorze pourvoiries, une réserve faunique, trois parcs et plus de 300 baux de villégiature.

La possibilité annuelle du territoire accordé est établie à 263 000 mètres cubes dont 24 000 mètres cubes en peuplier et bouleau. Ce bois alimente les scieries de Saint-Hilarion et Petit-Saguenay. Il faudra encore 20 ans, selon les experts de la région, pour remédier aux fautes d’exploitations antérieures; toutefois, il faut poursuivre les travaux d’éclaircie précommerciale et de reboisement, entre autres, et utiliser de la machinerie plus légère et plus souple. Dans l’ensemble du Québec, pour avoir une idée de la productivité actuelle, la superficie accordée à l’industrie, excluant lacs et rivières, est de 36 feuillus. En 1997, le Québec compte 63 usines de pâtes, papiers et cartons, 1230 scieries et 1100 autres usines de transformation du bois.

Auteur des textes: Charlevoix International

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