
Les meilleures terres agricoles de Charlevoix sont les argiles et les loams argileux ou sablonneux d’une superficie de 70 kilomètres carrés. Seulement 60% ont été défrichées. Comparativement, 15% des 1100 kilomètres carrés de loams sableux l’ont été. Il y a aussi quelque 15% des 375 kilomètres carrés de sables loameux ou graveleux qui ont été cultivés sans trop de succès. Dans l’ensemble, les terres de bonne et moyenne qualité ne couvrent pas plus de 200 kilomètres carrés. Cela ne représente qu’un tiers de un pour cent du comté de Charlevoix qui a une superficie de 6169 kilomètres carrés.
Selon les données du ministère de l’Agriculture, à Saint-Hilarion, la superficie des terres cultivées dans Charlevoix est passée de 167 à 130 kilomètres carrés entre 1979 et 1996. Les paysages bucoliques de la région en sont affectés. Les pâturages occupent le tiers de l’espace. Le mil, le trèfle et la luzerne en occupent 60%. Un faible 10% de moins qu’auparavant, est occupé par l’avoine, l’orge et le blé.
Le nombre de fermes est passé de 613 à 254 entre 1979 et 1996. La moyenne des fermes est passée de 27 à 1 hectares de terres en culture. Il faut savoir cependant que depuis 1996, n’est plus fermier officiel celui dont les revenus bruts sont inférieurs à 5000$ par année. Il ne s’agit plus seulement de vivre sur une terre. Il s’agit de commerce. Les fermes bovines sont passées de 156 à 97 depuis 1979. Et les autres 230 fermes laitières sont passées de 4000 à 1800 entre 1973 et 1996. Les vaches de boucherie, de 2000 à 2800. Les porcs, de 30 000 à 40 000. Les volailles, de 400 000 à 700 000. Les moutons de quelques-uns à 1000.
Le revenu annuel moyen des fermes est passé de 20 000$ à 110 000$ entre 1971 et 1994. Les marchés d’exportation vers les grandes villes et hors Québec se développent de plus en plus. Ceux de certains légumes, de l’escargot, du veau et du fromage sont prometteurs. Environ 6% de la population dite active s’occupait d’agriculture en 1991. Ce pourcentage est à la baisse.
Avec les friches qu’il fait voir, ce tableau dépeint un curieux système de paradoxes. Il va sans dire qu’il y a des zones de lumière, mais les ombres s’allongent à bien des égards, Charlevoix compte un peu plus de 30 000 habitants dans 20 municipalités. La population classée comme « active « est de 13 000 personnes. Les 10% d’assistance sociale et 20% de chômage nous autorisent amplement à suggérer de nouvelles avenues comme celles d’avoir accès à la terre et à l’attention des gouvernements dans le but de travailler et de construire. Un réseau de petites fermes abordables pourrait aussi devenir un complément essentiel aux grandes fermes.
Auteur des textes: Yvon Dubé